De bons présages, par GAIMAN et PRATCHETT

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    Ben Wawe
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    De bons présages, par GAIMAN et PRATCHETT

    Message par Ben Wawe le Ven 21 Oct 2005, 16:56



    Depuis longtemps, Neil Gaiman est considéré comme un grand, un très grand scénariste de comics, mais aussi un grand écrivain, même si il est peut-être moins (ou plus, je ne sais pas vraiment) connu pour ce côté-là. N'ayant lu de lui que 1602 chez Marvel, American Gods (en bouquin) et donc De bons présages, je ne le connais surtout que comme un écrivain. Et je suis un grand fan.

    J'avais été charmé, envouté et excité par American Gods qui est un de mes livres préférés, alors quand ma mère m'a ramené de la bibliothèque De bons présages, j'ai même arrêté ma lecture de Marvel Icons pour commencer. Et je n'ai, bien sûr, pas été déçu.

    De bons présages est en fait une oeuvre assez humoristique, mais pas que. Sur le dos de la couverture, il est écrit que c'est hilarant et irrésistible. C'est en partie vrai : j'ai ri, beaucoup, mais j'ai réfléchi aussi, plus. En plus d'une partie humoristique certaine et recherchée, les deux auteurs (Terry Pratchett a écrit avec Gaiman, et ben j'aime bien leur duo) ont rajoutés certains éléments philosophiques sur la religion, le Bien, le Mal, la vie et plein d'autres choses qui sont très, très intéressants.

    Mais passons directement au sujet du livre : l'Apocalypse approche. Dans 11 ans (au début du livre), il sera là, et Rampa (le Serpent Rampant du Jardi d'Eden) doit s'occuper du transport du fils du Diable, l'Antechrist, dans une famille choisie pour que le grand boum arrive. Seulement, Rampa, ça fait 4004 ans qu'il est sur Terre (qu'elle existe donc), et il aime bien les humains, sa Bentley noire d'origine et tous les petits plaisirs de la vie. Pire encore, il est "ami" avec Aziraphale, un "collègue" d'En Haut et l'Ange n'est pas très chaud non plus pour voir sa chère bibliothèque être détruite par un affrontement divin. De plus, les deux être surnaturels ne sont pas vraiment de dignes représentants de leurs deux clans : Rampa a parfois une conscience et préfère les petits trucs vicieux pour rendre mauvaises des âmes aux gros massacres, et Aziraphale n'hésite pas à être aussi un début de salopard parfois. Montrer qu'un Démon peut-être bon (comme le témoigne son acte de courage à la fin de vouloir se battre contre son Boss) et qu'un Ange peut-être salaud aussi, ben c'est une bonne chose et ça prouve que les hommes sont un peu des Démons, et un peu des Anges aussi.
    Les deux Immortels décident donc de donner à l'enfant une éducation mi-maléfique, mi-bénéfique pour qu'il ne soit pas l'Antechrist plus tard. L'idée est bonne, mais le problème est qu'il y a eu échange lors du don de bébé à la famille normalement choisie, et l'éducation de Rampa et Aziraphale a donc été donnée à un gamin normal, tandis que le vrai Antechrist (Adam Young) grandit normalement. Et quelques jours avant l'Apocalypse, tout se décide et ça démarre...

    Le scénario est un peu compliqué (et encore), mais j'ai beaucoup aimé, personnellement. Cet histoire d'échange, de Démon et d'Ange qui tiennent plus à leurs petits vies terrestres qu'au Grand Combat, les multiples petits passages humoristiques...c'est excellent. Et que dire du Chien des Enfers qui se transforme en Toutou parce que Adam en veut un ? Que dire des Quatre Cavaliers de l'Apocalypse qui sont majestueux dans leurs utilisations (je me suis écroulé de rire lors d'un dialogue avec des Hell's Angels, d'ailleurs) ? Que dire du traitement du Paradis et de l'Enfer, qui sont en fait deux clans bornés et qui ne se rachétent ni l'un ni l'autre ? Rien, c'est excellent et terriblement bien pensé...

    Ce livre est une perle, un joyau que tout comicsophile devrait avoir dans sa bibliothèque, et que même tout fan de SF devrait avoir. Avec des clins d'oeil, de l'humour, un flegme so british, des personnages excellents (Newt, Anathème, Rampa, Aziraphale, les Eux, Shadwell, Madame Tracy...), des dialogues excellents, du bon foutage de gueule de l'armée aussi, des phrases "cultes" ("putain eud'Babyloooooone" selon Shadwell par exemple^^), et des réflexions philosophiques intéressantes, je ne vois pas vraiment ce qu'on pourrait reprocher à De bons présages. Ah, si en fait, je sais : la fin.

    Elle est un peu étrange, je trouve. Après un dialogue très bien mené par la jeune Adam face au Métatron et à Belzébuth pour empêcher l'Apocalypse (la Voix de Dieu et le Duc des Enfers sont pas très contents que leur Antechrist veuille pas détruire le monde...), l'enfant explique que l'Apocalypse, ben ça sert à rien : si un côté détruisait l'autre, il perdrait enfin son but, sa raison de vivre : à quoi servirait le Bien si il n'y avait pas le Mal ? Et vice versa, bien sûr. Cette réflexion peut d'ailleurs être appliquée à bien des choses dans notre monde...
    Mais revenons à la fin : elle me donne un goût d'inachevé, ou de "bof". Je veux dire, ouais c'est sympa de voir que Adam change des trucs et a toujours son pouvoir, mais tout le truc avec les Eux, les gamins qui s'amusent, l'été qui finit, etc, etc...ouais, c'est sympa, mais bon ça m'a pas botté à la différence du reste du bouquin.

    C'est un peu dommage, mais bon rien n'est parfait. Malgré tout, De bons présages s'en approche quand même, de la perfection...

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